L’euro digital, l’arme ultime de la BCE

Avertissement : ce que j’explique ici n’est pas ma propre opinion, mais n’est que le point de vue des banquiers centraux. Si j’étais banquier central, nul doute que mes solutions seraient toutes différentes. Je mets bout à bout des événements et déclarations pour tenter d’expliquer les choix faits par nos banquiers centraux dans le passé et dans le futur proche.

Introduction

Au vu de l’endettement massif partout dans le monde et un système bancaire à l’agonie, la BCE (Banque Centrale Européenne) et l’euro sont au bord du gouffre. On pourrait en dire autant de la Fed aux États-Unis, mais je vais m’attarder dans cet article sur l’Europe.

Dans mon livre paru en 2017 « La monnaie : ce qu’on ignore », je mentionnais déjà que les banques centrales (y compris la BCE) examinaient déjà les crypto-monnaies. Ces dernières années, la BCE a dévoilé petit-à-petit la possibilité à court terme (quelques années) d’offrir d’un « euro digital ». En d’autres termes, les citoyens européens pourraient avoir un compte à la BCE. Il y a eu aussi des rumeurs et discussions sur la « monnaie hélicoptère ». Comment tout cela est-il lié ? Pourquoi y en a-t-il besoin ? Y en a-t-il vraiment besoin ?

L’origine

Le problème vient de la manière dont la monnaie est créée actuellement. Dans le système actuel, ce sont les banques privées qui créent l’essentiel de la monnaie. En tout cas, c’est ainsi dans l’Eurozone et aux États-Unis.

Le système est le même partout dans le monde : les banques centrales créent de la monnaie fiat, les banques privées captent un maximum de cette monnaie dans l’économie, et font des crédits, qu’on appelle à tort « prêts ». En effet, la banque ne « prête » pas de la monnaie existante, mais crée de la monnaie lorsqu’elle accorde un crédit. Cette monnaie est alors détruite lorsque le crédit est remboursé. Ce système provoque de nombreux problèmes, comme je l’ai détaillé dans deux de mes livres : « La monnaie : ce qu’on ignore » et « La monnaie : l’essentiel ».

Arrêtons-nous maintenant à l’un des problèmes de ce système : il lui faut de plus en plus de monnaie. En effet, pour maintenir le système des crédits à flot, il faut sans cesse introduire de la nouvelle monnaie dans l’économie. Si par accident la masse monétaire vient à diminuer, c’est tout le système qui risque de s’effondrer car il n’y a plus assez de monnaie pour rembourser les crédits existants.

Le problème

Mais, direz-vous, pourquoi est-ce réellement un problème ? Il se trouve que depuis la crise des subprimes en 2008, l’économie elle-même ne génère plus assez de nouvelle monnaie, plus assez de « croissance », pour maintenir le système. Au passage, seuls les économistes théoriques ne comprennent pas pourquoi cela pose problème. On ne peut avoir une croissance infinie sur une planète finie, c’est pourtant très simple à comprendre ! Bon, peut-être que le minage d’astéroïdes nous sauvera de la décroissance. Peut-être pas.

Bref, après la crise de 2008, les banques centrales font face à un problème de taille : comment créer assez de monnaie pour soutenir le système bancaire et éviter la catastrophe ? Il n’y avait pas assez de monnaie, et l’économie ne créait pas assez de crédits par elle-même.

La première phase (2008-2015)

Les banques centrales n’ont pas beaucoup de leviers pour interférer dans l’économie. Elles peuvent créer de la monnaie physique, billets ou pièces, mais seulement jusqu’à un certain point. Créer cette monnaie physique a un coût. À l’inverse, créer de la monnaie pour un crédit se fait essentiellement en cliquant sur un bouton de souris devant un ordinateur. C’est la raison pour laquelle, dans le monde occidental, 90 % de la monnaie est digitale et créée par les banques privées. C’est différent dans d’autres endroits où les gens utilisent encore beaucoup les espèces dans la vie de tous les jours.

Malgré tout, le rôle des banques centrales est de s’assurer que le système financier tient debout. Il leur fallait agir en 2008 pour sauver le système bancaire.

Pour cela, elles ont utilisé leur premier et principal outil : les taux directeurs. En effet, le taux directeur a un impact direct sur les taux des crédits émis par les banques privées. Et évidemment, les taux d’intérêts ont un rôle important dans l’émission ou non de crédits.

Lorsque les taux sont élevés, les gens hésitent beaucoup plus à prendre un crédit qui va leur coûter cher à rembourser. À l’inverse, lorsque les taux sont bas, tout le monde se rue sur les crédits puisqu’ils ne coûtent pas grand-chose. C’est assez évident.

En baissant les taux d’intérêts, les banques centrales ont rendu les crédits bancaires beaucoup plus attractifs, ce qui pousse les gens à prendre des crédits. Et plus de nouveaux crédits signifie plus de nouvelle monnaie créée pour ces crédits qui circule dans l’économie.

La seconde phase (2015-2021)

Cette première solution semble idéale. Malheureusement, lorsque l’économie a toujours besoin d’être accélérée mais que les taux d’intérêts ont tellement baissé qu’ils deviennent négatifs, il y a un sérieux problème. Aucun système bancaire ne peut survivre en payant les gens pour faire crédit ! Et pourtant, c’est ce qui est arrivé, les taux des crédits sont devenus négatifs. Ils le sont même devenus en Allemagne pour les particuliers pendant un certain temps.

Il fallait donc trouver un autre moyen de maintenir le système à flot. Malheureusement, les leviers de la banque centrale sont assez limités. Normalement, une banque centrale n’est pas censée créer de la monnaie digitale. Cette monnaie est d’ailleurs seulement utilisée par les banques entre-elles pour équilibrer leurs échanges.

Malgré tout, il en allait de la survie du système. La BCE, ainsi que d’autres banques centrales, ont commencé à utiliser un outil qui est normalement réservé aux situations d’urgence : l’assouplissement quantitatif. Pour faire simple, la banque centrale rachète des dettes d’état et injecte de la monnaie dans le système financier.

Grâce à ces deux premières phases, le nombre d’euros en circulation a doublé tous les dix ans, et ce depuis 20 ans. C’est un taux d’inflation de 10 % par an ! J’explique tout cela avec plus de détails dans mon livre.

Et maintenant ?

L’assouplissement quantitatif ne peut pas se prolonger éternellement. De plus, il ne résout visiblement pas le problème. En effet, j’ai mentionné un taux d’inflation à 10 % par an, mais ce n’est tout de même pas ce qu’on constate au niveau des prix. Ils augmentent, certes, mais ils ne doublent pas tous les 10 ans. En fait, la monnaie qui est généreusement distribuée aux financiers ne descend jamais dans l’économie. Qui a un jour cru au « ruissellement » ?

Les banques centrales font face à une évidence : il leur faut un autre outil pour sauver le système bancaire. Évidemment, une méthode alternative serait d’accepter que le système actuel ne fonctionne pas, mais cela mettrait un coup certain à leur crédibilité !

La dette et l’inflation

Jusqu’à maintenant, la BCE s’est fixé une cible de 2 % d’inflation par an. Comme je l’explique dans « La monnaie : l’essentiel », l’inflation ne peut jamais être calculée sans tomber dans des biais, mais admettons que la BCE ait réussi à maintenir ses 2 % dans les 10 dernières années.

Le problème est que l’économie actuelle est très endettée. Les entreprises sont fortement endettées car une grande partie des dettes publiques a glissé vers le privé, et la pandémie de Covid accompagnée de ses confinements et du ralentissement de l’économie ont encore accru ces dettes. De même, les états ont été obligés de s’endetter fortement pour subventionner leurs économies en berne.

Du point de vue d’une banque centrale, il y a un moyen simple de réduire les dettes de tout le monde : l’inflation. L’idée est simple : si on doit un montant fixe de monnaie et que la monnaie perd de sa valeur avec le temps, le résultat immédiat est que ma dette perd également en valeur. Typiquement, si on arrive à maintenir un taux d’inflation à 10 % par an, la dette de tout le monde est divisée par deux en 10 ans.

Malgré tout, il faut garder en tête qu’une banque centrale n’est pas censée créer de la monnaie directement. Il leur faut changer les règles si elles veulent le faire.

Une monnaie digitale

La BCE parle de plus en plus de « l’euro digital ». Certains parle d’une « crypto-monnaie », mais ce n’en est clairement pas une puisqu’une dans le cadre d’une banque centrale, le terme « crypto-monnaie centralisée » ne peut être qu’un oxymore.

Bref, l’idée derrière la monnaie digitale de la BCE est que chaque citoyen de l’Eurozone puisse avoir un porte-monnaie virtuel… à la BCE. En clair, en plus de votre compte en banque actuel, vous et moi aurions également un compte à la BCE. Les montants maximum seraient limités à quelques milliers d’euros, mais il serait bel et bien là.

La BCE prétend que la principale raison à ce changement est que « les citoyens se détournent des espèces ».

Vraiment ? Est-ce réellement là la seule raison, voire même la principale ? Pourquoi un revirement si soudain, tout ça pour un compte où nous pourrions n’avoir que quelques milliers d’euros alors, que des milliards se baladent tous les jours dans la zone euro ?

La monnaie hélicoptère

La « monnaie hélicoptère » est simplement de la monnaie créée par la banque centrale et distribuée sans contrepartie aux citoyens. En Europe, Mario Draghi, le Président de la BCE à l’époque, disait trouver le concept « intéressant ». Peter Praet, l’économiste en chef de la BCE, a déclaré :

Oui, toutes les banques centrales peuvent le faire. Vous pouvez créer de la monnaie et la distribuer au peuple. C’est ça, la monnaie hélicoptère.

Il n’y a aucune annonce officielle comme quoi il serait dans les plans de la BCE de distribuer de la monnaie hélicoptère. Pour autant, il y a beaucoup de gens qui militent pour.

Mais concrètement, comment distribuer cette monnaie hélicoptère ? Si tout le monde a plusieurs comptes dans plusieurs banques, il faut identifier les citoyens auprès des états, demander dans quelle banque ils préfèrent recevoir la monnaie, faire des versements, etc. C’est compliqué. Il faut aussi ne pas distribuer de monnaie aux associations et entreprises qui ont un compte, etc.

Mais si soudain, chaque citoyen de la zone euro a un compte en banque à la BCE, c’est tout de suite beaucoup plus simple ! D’un simple clic, vous pouvez créditer tous les comptes d’un certain montant ! On peut dire que le compte à la BCE utilisant de la monnaie digitale est en quelque sorte le prérequis de la monnaie hélicoptère.

Est-ce vraiment une option sérieuse ?

Réfléchissez. Le système bancaire est en train de couler, obligé de donner des sous aux gens pour qu’ils fassent des crédits. La BCE a tout essayé pour injecter de la monnaie dans le système, en vain. Et elle est à court d’options. Par-dessus le marché, il y a beaucoup de dettes partout, dettes qui vont couler tout le monde tôt ou tard.

Et là, soudain, vous avez un outil qui permet d’injecter directement et facilement de la monnaie dans l’économie. Vous créez de l’inflation, ce qui va réduire les dettes. Et au passage, vous vous débarrassez des espèces qui vous coûtent cher, tout en accroissant votre contrôle sur les flux de monnaie – et permet de limiter le blanchiment.

Si j’étais dans les bottes d’un banquier central et que je voulais maintenir le système, je n’hésiterais pas une seconde à utiliser cet outil providentiel.

Et nous dans tout ça ?

Bien sûr, tout cela n’est que la vision d’un banquier central. En tant qu’individu qui a beaucoup réfléchi à la monnaie, je suis persuadé qu’il vaudrait mieux se débarrasser du système bancaire actuel. Repartir de zéro. Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire. Et parfois, plutôt que de laisser pourrir un système malade, un nouveau départ avec un meilleur système est largement préférable.

Certains pensent que la monnaie hélicoptère est une forme de revenu universel, ou revenu de base. Comme j’ai prévenu dans mon livre, le revenu universel peut également être un piège. Une astuce, un tour de passe-passe, pour maintenir le système véreux actuel à flot.

Pour nous, citoyens, il y a déjà une alternative, et chacun d’entre nous peut la choisir en toute liberté et en toute conscience : la monnaie libre. Assurez-vous de lire la Théorie Relative de la Monnaie ainsi que mon livre « La monnaie : ce qu’on ignore » pour découvrir toutes vos options pour choisir un système monétaire.

Pris de court ? Vraiment ?

L’étonnement

Certains s’étonnent des tournures que prend actuellement le système financier. Partout, on est surpris que les marchés financiers aient des hoquets. Les craintes d’une crise financière grave à la rentrée s’accentuent. Un peu comme tous les ans ces dernières années, d’ailleurs.

Dans la droite ligne de tous les critiques actuels du système financier, on peut lire dans un récent article de Mediapart le paragraphe suivant :

« Il y a des signes qui ne trompent pas. Quand les financiers brusquement redécouvrent l’attrait de l’or, quand ils sont prêts à perdre de l’argent pour le mettre dans des placements jugés sûrs, quand ils commencent à s’inquiéter de la liquidité sur les marchés, c’est que la mécanique financière est en train de se dérégler, que la peur est en train de gagner. »

La mécanique financière est en train de se dérégler. Comme si c’était un fait nouveau !

… cependant…

On ne pourra pourtant pas dire qu’il n’y avait pas de sérieux signes avant-coureurs, et ce depuis longtemps :

 
  • les subprimes et produits dérivés ne se sont jamais aussi bien portés – désolé pour le sarcasme,
  • les dettes des états s’envolent à tel point qu’on sait tous depuis longtemps que ces dettes ne seront jamais remboursables par les circuits classiques, et je ne parle même pas du hors bilan qui sert à en planquer sous le tapis…
  • les quelques agences de notation élitistes sont les faucheuses du système, qui peuvent décapiter des têtes à volonté,
  • les plus gros spéculateurs filent en masse dans des marchés de gré à gré (dark pools) pour échapper au contrôle des banques centrales depuis plus d’une décennie,
  • les banques centrales injectent de la monnaie à tout-va dans le système financier depuis des années – la perfusion,
  • les taux restent négatifs sur des durées prolongées ce qui est un risque immédiat pour tout le système bancaire – le palliatif, un enfant comprend que quelqu’un qui prête ou crédite de la monnaie à taux négatifs va finir par couler, à moins bien sûr qu’on l’arrose de monnaie par ailleurs,

L’évidence

Tout cela est évidemment de la pure folie, un système dont on sait qu’il n’est pas soutenable, et qui est mis sous perfusion, puis sous soins palliatifs. Le colosse aux pieds d’argile ne peut pas durer sur le long terme. C’est une évidence pour quiconque s’intéresse un peu à la question en profondeur.

Et qu’on ne me raconte pas que ses architectes ne sont pas au courant – ce qu’ils avanceront, bien évidemment, le jour où le château de cartes s’écroulera, à l’image de Janet Yellen, déclarant en 2011 à propos de la crise de 2008 : « Je n’ai pas apprécié les risques liés à la titrisation, aux agences de notation, à la finance de l’ombre, aux véhicules hors bilan, je n’ai rien vu venir de tout cela jusqu’à ce que ça arrive. »

Mais c’est bien sûr !

Soyons radicaux !

En fait, même la plupart de ceux qui avaient repéré ces signes avant-coureurs ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Ils ne s’intéressent qu’à des conséquences superficielles d’une cause plus profonde.

Ce n’est qu’en pointant la cause première, la racine du problème, qu’on peut enfin se libérer de la cascade d’inégalités qui en découlent. Cette source initiale a un nom : la création monétaire.

En effet, un système où des « élites » ont le monopole de la création monétaire, et ce à volonté, ne pouvait que terminer comme il est aujourd’hui.

La monnaie libre, et la Ğ1 propulsée par Duniter, son implémentation lancée en 2017, est en cela une véritable révolution puisqu’elle remet à plat, à l’horizontale, si je peux oser cette métaphore, la création monétaire. Elle n’y est pas l’apanage d’une élite, elle appartient à tous. Elle a toujours appartenu à tout le monde, mais la liberté ne se donne pas, elle se prend.

Comme je l’écris en conclusion de mon livre « La monnaie : ce qu’on ignore » :

Se réapproprier la monnaie, ce n’est pas demain, c’est aujourd’hui !

Résoudre le problème de la dette publique par l’expropriation

On nous parle de plus en plus souvent du « problème de la dette publique ». C’est effectivement un problème. Ceux qui s’intéressent un tout petit peu à la monnaie savent très bien comment le résoudre. Il suffit d’arrêter le système de création monétaire par les banques. D’arrêter de payer pour de la monnaie créée par un clic de souris.

On sait par ailleurs que le système financier tel qu’il est actuellement ne peut pas continuer éternellement. Les dettes gonflent inexorablement, la croissance est la condition d’existence du système. Or sur une planète aux ressources non infinies, il n’est matériellement pas possible de maintenir une croissance exponentielle. Car c’est bien d’une croissance exponentielle qu’il s’agit. Un « petit » 2 % par an, c’est 20 % au bout de 10 ans, 46 % au bout de 20 ans, 78 % au bout de 30 ans, 100 % au bout de 36 ans, 258 % au bout de 50 ans. Quant à la décroissance, c’est tout simplement impossible en système de monnaie-crédit : ce serait l’effondrement immédiat du château de cartes. La chute est donc inévitable.

L’État, par l’intermédiaire de l’organisme « France Stratégie » relié directement au premier ministre se penche sérieusement sur la question de la dette publique. Il a publié sur son site officiel des « pistes » pour venir à bout du problème dans une note qui date de fin 2017. Et là, cramponnez-vous à votre siège. Ils envisagent qu’« en cas de problème », l’État devienne propriétaire de tout le territoire et fasse payer un « droit d’occupation du sol » aux anciens propriétaires désormais expropriés. Vous ne me croyez pas tellement c’est gros ? Lisez par vous-même :

« Concomitamment à l’augmentation des dettes publiques, les vingt dernières années ont été marquées par une forte progression du patrimoine des ménages en Europe, en particulier immobilier, avec une distribution très inégale de cet enrichissement. Ceci ouvre une deuxième voie qui permettrait à un État excessivement endetté de décréter qu’il devient copropriétaire de tous les terrains construits résidentiels à hauteur d’une fraction limitée de leur valeur. Il deviendrait ainsi créditeur d’une somme annuelle, correspondant à la rémunération du droit d’occupation du sol. Tout propriétaire pourrait différer son paiement, dont le montant cumulé interviendrait alors au moment de la vente ou de la transmission du bien. »

Lire en clair : « les gens deviennent propriétaires, il ne reste plus qu’à les déposséder de leurs biens et rafler la mise ». Bien entendu, le bénéficiaire direct de ce genre de mesure ne serait pas l’État, il ne ferait que « se désendetter ». Bingo pour les banquiers et grands financiers.

La vidéo qui accompagne le billet est également à couper le souffle. Âmes sensibles s’abstenir. 

Une erreur de diagnostic conduit toujours à un mauvais traitement

Les Français veulent que les impôts baissent : https://www.boursier.com/…/baisser-les-impots-est-une-prior…

Pourtant, la baisse des impôts ne pourra se faire qu’en changeant de système monétaire. Le système de monnaie-dette actuel ne peut conduire à terme qu’à des confiscations de plus en plus lourdes pour permettre d’alimenter les intérêts que perçoit le secteur bancaire.

Pour le comprendre, il suffit de se placer sur une île avec 10 naufragés + 1 banquier. Afin de permettre les échanges sur l’île, le banquier, qui est un banquier moderne utilisant le système de crédit des banques actuelles, propose de faire un crédit de 100 à chaque naufragé. Il n’a presque rien en poche, mais c’est un banquier et les autres naufragés lui font confiance car il a encore sa cravate. Il leur propose alors de lui rembourser 100 ainsi que 5 d’intérêts au bout d’un an. Il est simple de comprendre que :

  • il y a 100 x 10 = 1000 au total en circulation dans l’île.
  • le total des remboursements devra être de (100+5) x 10 = 1050, ce qui est totalement impossible puisqu’il n’y a pas assez de monnaie en circulation.

Pour résoudre ce problème, la seule solution est qu’au bout d’un an les naufragés fassent de nouveaux crédits pour obtenir plus de monnaie… ce qui causera encore davantage d’intérêts. À noter que, lorsqu’on rembourse 105 au banquier, il détruit 100, c’est le principe même des crédits à l’heure actuelle.

Tout le système monétaire actuel est basé sur ce concept, ce qui crée :

  • l’accaparement de la monnaie par ceux qui octroient des crédits (les banques),
  • l’endettement croissant des états, des entreprises et des ménages,
  • la course à la croissance économique (et les ravages qu’elle occasionne), qui est une condition sine qua non pour que le système monétaire continue de fonctionner.

Ce n’est qu’une fois qu’on a compris ce principe simple, mais qui n’est jamais expliqué aussi simplement aux citoyens, qu’on peut envisager des solutions alternatives.

Je l’expose dans mon livre sur la monnaie ainsi que dans « Le Président Providentiel » :

 

Le livre « La monnaie : ce qu’on ignore » est sorti !

Avertissement : pour ceux qui préfèrent une version « allégée » en 60 pages format poche, suivre « La monnaie : l’essentiel ».

Je suis ravi de présenter mon nouveau livre, « La monnaie : ce qu’on ignore » :

Il parle de manière la plus simple possible de monnaie en général, d’histoire, des banques centrales, de spéculation, et même de crypto-monnaies et de monnaies complémentaires, et explique le fonctionnement de la monnaie qu’on connaît bien trop peu alors que c’est si important !

Il est disponible sur les plateformes suivantes :

  • Amazon : version kindle et papier* => feuilletez le début (y compris la table des matières) en cliquant sur l’image du livre
  • Lulu : version ebook (format epub sans DRM) et papier
  • iBooks : version ebook
  • Kobo : version ebook (sans DRM – soyez responsables !)

J’apprécierais beaucoup que vous laissiez une note et un commentaire sur ces sites (surtout si le livre vous a plu!).

Vous pouvez aussi vous procurer le livre dans n’importe quel format en Ğ1, il suffit de m’envoyer un mail (mon prénom suivi du nom de domaine sans blog devant). Vous pouvez également le trouver sur Ğchange et Ğannonce.

Enfin, n’oubliez pas de souscrire à la lettre d’information dans le panneau à gauche de cette page, il n’y aura pas beaucoup de courriels, uniquement pour signaler les nouveaux livres et nouvelles éditions.

Bonne lecture !

PS : si vous avez des connaissances non francophones, le livre existe aussi en anglais, voir cette page.