Macron battu au premier tour de l’élection présidentielle 2022

La réalité

Tous les médias caracolent : « Macron premier avec 27 % des voix. »

Mais il n’en est rien. Tout comme en 2017, Macron a été battu à plate couture par… l’abstention. Voici la réalité des chiffres qu’aucun média ne présente :

L’abstention, à laquelle j’ai ajouté les votes blancs et nuls. Ceux-ci ne sont pas non plus comptabilisés par les médias, ils représentent environ 2 %.

C’est là que l’on voit toute l’aberration du système électoral français. Quelle que soit l’issue du deuxième tour, le président en exercice bénéficiera du soutien d’à peine un cinquième de la population. Par ailleurs, le troisième candidat, d’un poids semblable aux deux autres n’a plus qu’à… se taire, comme ses électeurs.

Certains pointent du doigt les abstentionnistes : ce sont de mauvais citoyens, la racine du mal à cause desquels Macron risque d’être réélu. L’abstention, tout comme le vote blanc ou nul, est pour certains tout simplement la manifestation d’une résistance. Tout comme le fait de ne pas s’inscrire sur les listes électorales peut être un acte politique. C’est un refus de participer à la mascarade du système.

Il existe pourtant des alternatives simples à ce système aberrant. L’une d’entre-elles s’appelle le « jugement majoritaire ».

Le jugement majoritaire

L’Institut Rousseau a récemment conduit une étude sur le jugement majoritaire :

Et si les élections présidentielles se jouaient au jugement majoritaire ?

Tout d’abord, le premier constat est qu’une large portion des personnes interrogées sont favorables à l’instauration du jugement majoritaire :

Proportion de personnes interrogées en faveur ou non de l’instauration du jugement majoritaire.

Des résultats surprenants

Mais en allant plus loin, les résultats du sondage peuvent surprendre : Macron est deuxième, derrière… Valérie Pécresse.

Sondage prédisant les résultats de l’élection présidentielle si celle-ci était votée au jugement majoritaire.
Source : Institut Rousseau

Ne nous voilons pas la face : ces deux candidats feront exactement la même politique. Alors, au vu de ce résultat, on peut clairement se demander : est-ce que ça vaut vraiment la peine de changer de type de scrutin pour élire Françoise à la place de François ?

Un garde-fou nécessaire

On peut avoir une autre lecture de ce résultat. En effet, dans le scrutin actuel, il y a bien une clause qui impose la majorité absolue pour qu’un président soit élu. C’est une mesure d’apparat puisqu’au deuxième tour il n’y a que deux candidats, et seuls sont comptés les votes pour l’un ou l’autre.

Dans le cas du jugement majoritaire, on pourrait parfaitement envisager une règle stipulant que le candidat choisi obtienne au moins une mention « assez bien » pour être élu. En effet, dans le sondage de l’Institut Rousseau, Pécresse est celle qui rassemble le plus de suffrages, mais avec une mention… « passable ». Par ailleurs, le sondage a eu lieu en décembre 2021, il y a fort à parier que les résultats ne seraient pas les mêmes mi avril 2022, vu la campagne déplorable de cette candidate.

En mettant en place ce garde-fou, seul un candidat ayant au moins un support populaire décent pourrait être élu. Si personne ne fait l’affaire au premier tour, alors tous les candidats sont écartés et la campagne repart avec de nouveaux candidats.

Évidemment, on peut craindre que personne ne puisse contenter globalement les Français. Mais qu’est-ce qui est préférable : choisir au petit bonheur la chance un candidat qui ne satisfait pas grand-monde, comme c’est actuellement le cas, ou bien tenter de faire mieux ?

Le système des partis

En réalité, tout cela provient en premier lieu du système des partis qui implique d’être d’accord sur tout ce que présente le parti.

Écoutons un personnage de mon roman, « Le Président Providentiel » :

« La meilleure preuve, c’est que les Verts soient un parti. L’écologie devrait être au cœur du débat de tous les partis. On cloisonne totalement les idées au sein d’un parti. Au lieu de proposer les idées à la carte, on propose un menu 100 % poisson ou bien un menu 100 % viande. Si vous voulez du poisson en entrée mais de la viande en plat principal, c’est impossible. Ou bien on vous présente un menu végétarien dans lequel la seule boisson comprise est une bouteille de vin. Si vous voulez du jus de fruit, vous n’avez pas le choix, ça sera une bouteille de vin. Et on vous oblige à la boire ! Présenté comme ça, ça semble totalement absurde, c’est pourtant ce que font les partis politiques avec les idées. Jusqu’au point où si vous êtes écologiste alors vous devez forcément être d’accord sur tout le reste, ce qui est totalement farfelu. Vous avez des écologistes qui sont à droite, d’autres à gauche, certains sont pour l’immigration et d’autres contre, certains sont pro-européens et d’autres anti-européens, etc. Ben oui, les idées c’est pas au menu, c’est à la carte ! »

Il s’agirait donc de voter non pas pour un menu, mais pour chaque idée, à la carte. C’est parfaitement atteignable, avec le RIC, plébiscité par plus de 70 % des Français. Ça a une autre dimension que des candidats qui peinent à récolter 20 % !

Une image vaut mille mots :

 

C’est quand même autre chose, non ?

Conclusion

Les modalités de l’élection présidentielle permettent de nombreuses manipulations pour élire un candidat voulu. Pire encore, elles sont des outils formidables pour engendrer de la frustration et diviser le peuple. « Votez utile, sinon vous êtes des traîtres ! » Le spectacle des « consignes de vote » au deuxième tour est tellement loufoque qu’il vaut mieux en rire.

Mais à chaque fois que nous nous retournons contre nos pairs au lieu de tous tourner un doigt accusateur vers nos bourreaux communs, nous devrions nous poser la question :

Pourquoi ?

Comment en sommes-nous arrivés là ? Au lieu de se battre les uns contre les autres autour d’un problème dont les seules issues qui nous sont présentées ne sont pas des solutions, nous devrions prendre du recul. Sortir du cadre. Le cadre, c’est à nous de le définir.

En réalité, ces pièges ne sont que des techniques de base, le B.A. BA du manipulateur. En psychologie, cela s’appelle une injonction contradictoire, ou double bind en anglais. Il s’agit de présenter un problème et de n’offrir comme « solutions » que des portes de sortie perdantes. Ici, l’électeur est sans cesse tiraillé entre voter contre sa conscience pour être un « bon citoyen » et suivre sa conscience – quitte à ne pas aller voter – mais devenir un « mauvais citoyen ».

Tout psychologue sait que le seul moyen pour sortir de ces situations sans issue est de ne pas accepter les fausses solutions qui nous sont offertes. Il suffit de s’extraire du moule qu’on veut nous imposer.

J’invite le lecteur à lire cet article pour aller un peu plus en profondeur sur cette élection et sur le système de l’élection présidentielle française.

Le scandale des temps de parole

L’Arcom, anciennement CSA, est en charge de surveiller les temps de parole des candidats dans les médias avant une élection.

Mais… pourquoi donc surveiller les temps de parole ? Après tout, c’est à chaque citoyen de voter en son âme et conscience pour le candidat qui lui plaît le plus.

Non ?

Les temps de parole décident du candidat élu

L’excellent blog « Notre Époque » a fait un excellent travail de recherches (y compris bibliographique) sur le sujet. Malheureusement, ce blog a disparu. J’ai donc reproduit les articles de l’époque sur mon propre blog à des fins d’archives :

Les conclusions sont sans appel : le pourcentage de temps de parole dans les médias permet d’avoir un pourcentage de votes équivalent lors de l’élection. C’est une relation directe, immuable, mathématique.

Ni plus, ni moins.

Il y a des études éparpillées à l’étranger, car c’est un sujet assez peu étudié, qui arrivent aux mêmes conclusions. Certaines vont même d’ailleurs plus loin : le contenu positif ou négatif pour un candidat n’a que peu d’importance. C’est principalement le temps d’exposition dans les médias qui est décisif. Peu importe qu’on dise du mal ou du bien de ce candidat, c’est le fait d’en parler qui est crucial.

Ce n’est pas pour rien…

… que le CSA est censé veiller.

L’un des rôles de cet organisme est de veiller à « la pluralité » en terme de temps de parole politique en période électorale. S’il était démontré qu’il n’y a aucun lien entre temps de parole et résultats des votes, il y a fort à parier que ce rôle n’existerait tout simplement pas.

Ainsi donc, le CSA veille.

Mais comme tant de ces « API » (Autorité Publique Indépendante) et autres « Hautes Autorités » aux rôles pourtant cruciaux pour le bon fonctionnement de la République, cet organisme n’a aucun pouvoir.

Il peut s’époumoner autant qu’il veut, publier les chiffres qu’il veut. Aucun problème. Parfois, il va même jusqu’à émettre des « mises en garde ».

Il est purement et simplement ignoré.

Il n’est qu’une entité fantôme qui ne sert qu’à agiter l’épouvantail : « Pas d’inquiétude de ce côté-là, on a le CSA qui veille ».

Une loi infâme pour éliminer les petits

En avril 2016 est votée une loi scandaleuse sur les temps de parole. Adieu l’égalité absolue ! Les temps de parole seront maintenant proportionnels à la « représentativité » des candidats. Cette loi aux définitions floues et subjectives est un nouveau clou enfoncé dans le dos des « petits candidats ». Ils sont petits, qu’ils le restent !

On peut effectivement se dire que, si un clown se présente comme candidat, il paraît logique de ne pas trop lui donner la parole pour éviter aux gens de perdre leur temps. Le problème de la loi en question est : qui décide ? Les « petits candidats » n’ont-ils réellement tous « rien à dire » ? Qui juge qu’ils sont « petits » ?

Quelques précisions

La loi précise trois manières de « calibrer » l’importance des candidats :

  • en fonction des résultats obtenus aux plus récentes élections par les candidats ou par les partis et groupements politiques qui les soutiennent,
  • en fonction des sondages d’opinion,
  • la contribution de chaque candidat à l’animation du débat électoral.

Le premier point est totalement hors sol. C’est un peu comme si les opinions des peuples ne changeaient jamais, comme si l’environnement ne se transformait pas, comme si aussi les formations politiques ne variaient jamais leurs discours. Comme si la politique était quelque chose de statique. Quel intérêt à élire de nouvelles têtes, dans ce cas ? La loi est clairement faite pour que rien ne change.

Quant au deuxième point, les « sondages d’opinion » sont financés par les mêmes qui financent les médias. Ils ont donc exactement les mêmes conflits d’intérêts et mettent donc en avant exactement les mêmes candidats. Qui contrôle le bon fonctionnement de ces sondages ? Ah oui, une autre coquille vide, la « commission des sondages ».

Heureusement que le ridicule ne tue pas, car le dernier point est évidemment une mesure qui se mort la queue. Un candidat ne peut contribuer au débat que si on le laisse parler en premier lieu…

Le test du terrain

Prenons un exemple précis pour juger de la pertinence de cette loi.

Le candidat ayant le plus de temps de parole cumulé en janvier 2022 est de très loin… Éric Zemmour.

Or, il n’a jamais été candidat, n’est pas dans un parti. Par ailleurs, il est crédité tout au plus de 15 % des votes.

À l’autre extrémité du spectre, tout en bas du graphique, une candidate, Clara Egger, a eu droit à 0 secondes de temps de parole dans les principaux médias. Pourtant, le programme de cette candidate est axé sur une mesure soutenue par une grande majorité de Français. En effet, elle soutient le RIC. Un sondage Ifop montre que 73 % des Français y sont favorables.

On a donc d’un côté un candidat qui se répète en boucle sur tous les plateaux télé alors qu’il attire moins d’un Français sur 5, et de l’autre côté une candidate soutenant une mesure plébiscitée par les 3/4 des Français qui n’a pas eu le droit à une seule seconde de temps de parole.

Un véritable scandale…

Loin du discours officiel et lissé, les temps de parole sont donc choisis par les médias. Évidemment, les discours les plus clivants sont retenus en priorité, tandis que les idées qui pourraient rassembler le peuple sont recalées.

Cela a un impact majeur sur le fonctionnement de la République et de la représentativité des élus. En effet, comme l’indique très justement le blog que j’ai reproduit plus haut, la conclusion qui en découle est que :

Le candidat vainqueur de l’élection n’est pas le candidat privilégié des Français, mais celui des médias.

Ainsi, les quelques milliardaires qui se partagent le contrôle des médias sont en réalité ceux qui élisent le futur candidat. Pas vous, cher lecteur, navré de vous délivrer peut-être un petit électro-choc.

Dans mon roman « Le Président Providentiel », c’est un candidat totalement inconnu du peuple qui se présente. Plébiscité par les médias, le résultat n’est pas surprenant.

Un petit outil à disposition

Les fichiers du CSA étant assez indigestes pour le citoyen lambda, je mets à disposition un petit outil pour visualiser les temps de parole des candidats. Il s’agit de graphes qui permettent de voir d’un seul coup d’œil le gouffre qui sépare les « baleines » des « sauterelles », pour reprendre l’analogie du blog « Notre Époque ».

Pour y accéder, cliquer sur l’image ci-dessous :

On va me dire qu’il y a bien parité pour les 4 ou 5 premiers candidats. Mais il faut se rendre à l’évidence, tous sont extrêmement clivants. Par ailleurs, ils se ressemblent tous sur les sujets les plus essentiels :

  • création monétaire,
  • évasion fiscale,
  • répartition des richesses,
  • corruption,
  • souveraineté nationale,
  • impuissance du peuple.

Où sont les rares candidats qui pourraient changer quelque chose à ces points essentiels ? Ils obtiennent littéralement mille fois moins de temps de parole que les autres. Autant dire que, pour qu’ils soient élus, il faudrait un miracle, une licorne statistique, de ce genre :

Visualisé ainsi, c’est déjà beaucoup plus clair.

Conclusion

La fameuse « parité des temps de parole » est une vaste farce. Il n’y a strictement aucune parité, tout le temps de parole est donné aux futurs vainqueurs élus par les médias.

Où sont donc les « autorités » censées s’assurer du « bon fonctionnement » de la République ? Mais que fait la police ? Comment croire encore à la « démocratie » pourtant dans toutes les bouches ?

Archive Web – Notre Époque – Élections et temps de parole – Partie 4

Le blog d’origine ayant malheureusement disparu, je reproduis ici le post d’origine. Il est normalement encore disponible sur l’archive de l’internet.

Médias et élections (4) : Internet et temps de parole médiatique

 

Archive Web – Notre Époque – Élections et temps de parole – Partie 3

Le blog d’origine ayant malheureusement disparu, je reproduis ici le post d’origine. Il est normalement encore disponible sur l’archive de l’internet.

L’effrayante corrélation entre temps de parole et résultats des élections (3) : les mécanismes

 

Archive Web – Notre Époque – Élections et temps de parole – Partie 2

Le blog d’origine ayant malheureusement disparu, je reproduis ici le post d’origine. Il est normalement encore disponible sur l’archive de l’internet.

L’effrayante corrélation entre temps de parole et résultats aux élections (2) : la confusion des experts

 

Archive Web – Notre Époque – Élections et temps de parole – Partie 1

Le blog d’origine ayant malheureusement disparu, je reproduis ici le post d’origine. Il est normalement encore disponible sur l’archive de l’internet.

L’effrayante corrélation entre temps de parole et résultats aux élections (1)

 

Petit message aux gilets jaunes

La mobilisation, c’est excellent. Toute personne un peu saine d’esprit aura déjà compris que les gilets jaunes n’ont pas la hausse du carburant pour seule ni même principale revendication. C’est un raz-le-bol général de ne pas pouvoir boucler les fins de mois pendant que d’autres se gavent en haut. Ce sont les comparaisons et les inégalités criantes qui provoquent la frustration et la colère.

On n’obtient réellement quelque chose qu’en mettant des revendications claires sur la table. Beaucoup de gens savent qu’ils ne sont pas contents, mais ils ne savent pas exactement identifier le problème, en fait ils ont tellement de problèmes devant leurs yeux qu’ils ne savent plus où donner de la tête : les taxes et prélèvements atteignent des records alors que les salaires ne bougent pas ; le chômage et la précarité de l’emploi terrifie tout le monde ; la justice ne fonctionne pas ; l’insécurité et la violence y compris policière est partout ; l’État est surendetté et on se sait pas où cela va nous conduire ; l’État ne protège que les multinationales au détriment de la santé et de l’environnement et punit tous les lanceurs d’alertes ; l’éducation, les hôpitaux, les transports, tous les services publics sont exsangues ; la liste est bien trop longue pour continuer ici… il y a de quoi en perdre la boule. Une bonne partie est recensée dans mon roman « Le Président Providentiel ».

Malheureusement, faire la révolution sans but bien défini ne conduit toujours qu’à la récupération du mouvement par les élites. Rappelons-nous 1789 en France et 1917 en Russie.

J’entends à droite et à gauche « Macron, Démission » ou encore ceux qui appellent tout le gouvernement à démissionner. Mais qui vont-ils mettre à la place ? Sarko ? Hollande ? Ségolène ? Juppé ? Copé ? Bayrou ? La vraie réponse est que le ou la suivante, quel qu’il soit, fera à nouveau la même politique. À vrai dire, il n’aura pas bien le choix vu que la France a perdu sa souveraineté (comme on le voit aujourd’hui avec l’Europe qui fait plier l’Italie et comme je le rappelle dans mon roman). Seul Asselineau propose de sortir de l’Union Européenne, ce qui devrait nous redonner un peu de mou pour quelques temps. Mais c’est reculer pour mieux sauter. Quoi après lui ? Des élus, comme toujours, qui tireront la couverture à eux, lentement, irrésistiblement, pour qu’on en revienne à nouveau au même point. Et ce depuis plus de 200 ans. Multiples soulèvements populaires au XVIIIème siècle, puis 1936, 1968. À chaque fois, le système retourne ensuite dans son état primaire qui est de servir l’aristocratie et non le peuple. Chassez le naturel, il revient au galop.

Du coup, un petit rappel s’impose. L’élection est un système aristocratique, dans lequel les élites gouvernent toujours, le peuple n’ayant au quotidien aucun moyen de faire entendre sa voix. Nous en avons 200 ans de preuves, et d’autres dans chaque recoin de notre planète avec ses beaux ersatz de « démocraties ». Les élections de représentants sont toujours biaisées, puis qu’il est toujours simple d’acheter des voix. Et une fois élu, le nouveau roi fait bien ce qui lui chante.

La question qui se pose est donc : se rebiffer jusqu’à en mourir comme cette pauvre dame écrasée sous une voiture le samedi 17, d’accord, mais pour quoi ?

Changer de monnaie pourrait être une revendication valable mais on peut déjà le faire à titre individuel par la monnaie libre et la Ğ1. N’attendons rien du gouvernement de ce côté-là.

Il reste tout de même une cause essentielle au niveau de l’État, qui supplante toutes les autres : la Constitution. Par le simple fait que les élus l’écrivent, ils nous rendent impuissants. Ils se votent leurs propres augmentations, en augmentant simultanément les taxes du peuple, tout en autorisant la fuite toujours plus grande des capitaux à l’étranger (80 milliards d’euros par an il y a quelques années, en 2017 c’était 100 milliards). C’est mécanique. Ils ont le pouvoir. Ils vivent pour le pouvoir. Et ils feront tout pour le garder. On doit le leur reprendre. Et ce n’est pas une utopie, c’est tout-à-fait possible. Il suffit de porter clairement la revendication haut et fort.

C’est donc en allant protester devant les bâtiments des institutions à grand bruit que l’on peut revendiquer quelque chose au niveau des institutions. Certainement pas en se mettant à dos les automobilistes qui tentent de passer.

Réécrire la Constitution, c’était la principale revendication des Islandais pendant la révolution des casseroles. Ils ont effectivement fait écrire une nouvelle constitution par des citoyens, mais le projet a été bloqué ensuite par le Parlement une fois la pression populaire retombée. Ne jamais baisser la garde.

Il faudra donc s’assurer que le projet est mené à terme. Mais pour commencer, il s’agit de l’initier en rassemblant tout le monde derrière une même idée : faire réécrire la Constitution par le peuple. Ce n’est qu’à cette condition qu’on pourra réellement sortir enfin du bourbier. Toutes les autres revendications sont annexes, temporaires, contre-productives à long terme.

J’ai écrit « Le Président Providentiel » pour montrer à quel point le système est impossible à réformer sans mettre un coup de pied dans la fourmilière, et surtout pour que le lecteur prenne conscience des problèmes générés par le système tout en proposant des ébauches de solutions, qui existent en grand nombre mais se sont pas toujours des recettes miracles. Et aussi pour rappeler que chacun de nos gestes quotidiens pèse dans la balance.