Le Great Reset En Marche (attachez vos ceintures, ça va secouer)

De retour de jet ski, Emmanuel Macron vient de s’exprimer sur ce qui nous attend Ă  la rentrĂ©e. Toute la rhĂ©torique du Great Reset de Klaus Schwab est lĂ .

Pour une fois, Macron ne semble plus du tout optimiste, ce qui n’est pas bon signe. Les couleuvres qu’il veut nous faire avaler sont sans aucun doute Ă  la hauteur de sa gravitĂ©. Mais oĂč est donc passĂ© l’Emmanuel Macron du « penser printemps » ?

L’Ă©volution en cours est en effet une formidable opportunitĂ© pour saisir au vol plein de chantiers dont on sait pertinemment qu’ils auraient un impact positif pour l’essentiel de la population.

« La fin de l’abondance des liquiditĂ©s sans coĂ»t »

Mais de quoi parle-t-il au juste ? Que je sache, je n’ai pas reçu de la monnaie tombĂ©e du ciel sur mon compte en banque !

En quelques mots, voici ce Ă  quoi il fait rĂ©fĂ©rence. VoilĂ  une quinzaine d’annĂ©es que les taux d’intĂ©rĂȘts bancaires n’ont cessĂ© de baisser, pour atteindre des taux nĂ©gatifs. En clair, lorsque la France emprunte de l’argent, elle doit parfois rembourser moins que ce qu’elle a empruntĂ© ! De plus, depuis une dizaine d’annĂ©es, la Banque Centrale EuropĂ©enne inonde le systĂšme financier et les marchĂ©s de monnaie toute fraĂźche qu’elle crĂ©e Ă  partir de rien. Tout cela, cela n’impacte directement ni vous ni moi. Indirectement, en revanche, cela a de nombreuses rĂ©percussions, dont la hausse des prix de l’immobilier – mais ce n’est pas le sujet de cet article.

Justement, les taux remontent fortement et la crĂ©ation monĂ©taire s’arrĂȘte ou ralentit. D’oĂč sa phrase, qui peut se rĂ©sumer Ă  : « la fin de l’abondance d’argent magique ». Une fin dont se rĂ©jouissait d’ailleurs il y a peu Bruno Le Maire, qui ne semblait pas avoir compris ce que cela impliquait Ă  moyen et long terme pour la France, vouĂ©e Ă  crouler sous la dette.

La fin de l’argent magique implique que la France ne pourra de toute façon jamais rembourser sa dette – elle ne le pouvait dĂ©jĂ  pas avec les politiques extrĂȘmement complaisantes de la BCE, mais cette fois les carottes sont cuites ! Il va donc falloir prendre le taureau par les cornes et trouver des solutions.

La plus simple et qui ne coĂ»te rien est dĂ©jĂ  de se rĂ©approprier le pouvoir rĂ©galien de crĂ©ation monĂ©taire, ce qui nous Ă©viterait de donner des dizaines de milliards d’euros d’intĂ©rĂȘts au systĂšme bancaire chaque annĂ©e.

Bien sûr, il va falloir trouver des milliards pour renflouer les caisses. Or, il y en a à foison :

  • en jugulant l’Ă©vasion fiscale, c’est pas moins de 100 milliards d’euros par an de recettes que nous pourrions trouver, et encore ce n’est qu’en tapant dans l’optimisation fiscale, on pourrait parfaitement envisager d’augmenter les taxes et de rĂ©tablir l’ISF, par exemple, puisque l’État est en difficultĂ©, il n’y a pas de raison que les plus riches ne contribuent pas,
  • en arrĂȘtant les politiques de l’autruche, nous pourrions rĂ©cupĂ©rer plus de 400 milliards d’euros d’impayĂ©s de la part des secteurs de la grande distribution,
  • comme dit plus haut, le systĂšme bancaire, financier et en particulier les bourses ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de beaucoup d’argent magique ces derniĂšres annĂ©es, il y a donc Ă©normĂ©ment de monnaie en circulation, qui pourrait ĂȘtre captĂ© aisĂ©ment avec par exemple une micro-taxe sur les transactions financiĂšres, oĂč mĂȘme une taxe Ă  0,1 % (oui oui, un pour mille) permettrait de collecter des centaines de milliards d’euros tout en limitant la spĂ©culation,
  • cette annĂ©e, les rentiers ont perçu plus de 44 milliards d’euros en France, tout cela sans rien faire ni produire, seulement en plaçant du capital, qui on le rappelle a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’argent magique depuis plus de 10 ans, pas Ă©tonnant que les bourses se portent Ă  merveille pendant que l’Ă©conomie rĂ©elle souffre comme jamais depuis des dĂ©cennies.

De l’argent, il y en a Ă  foison. Et ce n’est pas M. et Mme Michu qui vont rapporter des centaines de milliards nĂ©cessaires


« 
 les produits, technologies qui nous semblaient perpĂ©tuellement disponibles », ne le sont plus

C’est une excellente nouvelle. Cela fait prendre conscience que notre modĂšle Ă©conomique, basĂ© sur une infinitĂ© de ressources, mĂ©rite d’ĂȘtre revisitĂ©. Cela permettrait peut-ĂȘtre de ne plus courir directement dans le mur Ă  l’avenir.

Par ailleurs, cela peut Ă©galement amener des rĂ©flexions qui permettrait enfin Ă  l’État de lutter de maniĂšre sĂ©rieuse contre l’obsolescence programmĂ©e.

« la rareté de tel ou tel matériau »

LĂ  encore, c’est une excellente nouvelle. Cela ne peut conduire qu’Ă  favoriser le recyclage, la rĂ©utilisation plutĂŽt que de jeter, ce qui veut dire que les gens auront moins souvent Ă  racheter encore et encore le mĂȘme produit qui tombe en panne. Personnellement, je trouve tout cela extrĂȘmement positif ! Pour peu, bien Ă©videmment, que le Gouvernement prenne les dispositions Ă©videntes qui s’imposent.

« la fin de l’abondance de l’eau »

Pour commencer, l’annĂ©e 2022 est exceptionnelle en terme de pluviomĂ©trie. Comme l’indique le site de MĂ©tĂ©o France, c’est l’annĂ©e la plus sĂšche depuis 1959 :

On pourrait se faire vraiment beaucoup de soucis s’il y avait une tendance sur le long terme Ă  avoir moins de pluie, mais ce graphique ne montre rien de tel. C’est juste une annĂ©e totalement exceptionnelle en terme de sĂ©cheresse. Bien sĂ»r, il y a beaucoup d’autres facteurs qui peuvent poser problĂšme, dont l’augmentation des tempĂ©ratures, mais en terme d’eau, rien ne permet de dire que cela va empirer d’annĂ©e en annĂ©e. À ce stade, c’est totalement conjoncturel et exceptionnel.

Ensuite, c’est malgrĂ© tout encore une bonne nouvelle, car il va peut-ĂȘtre ĂȘtre temps de taper sur ces industriels qui se gavent sur la financiarisation de l’eau, et qui privent nos sols d’une partie de l’eau qui devrait s’y Ă©couler en pompant les nappes phrĂ©atiques comme des grands malades, et donc dĂ©truisent l’environnement tout en mettant en danger les populations locales.

L’autre excellente nouvelle, c’est que la gestion de l’eau ne peut que mettre en Ă©vidence un phĂ©nomĂšne connexe : rĂ©habiliter les sols en choisissant des solutions permacoles au lieu de dĂ©verser des pesticides Ă  tout va ce qui dĂ©truit les sols, la santĂ© des humains et toute la chaĂźne alimentaire, comme les abeilles. En effet, bourrer les sols de pesticides les rendent stĂ©riles et les empĂȘchent de capter l’eau. C’est trĂšs simple : s’il n’y a pas de vers de terre pour crĂ©er des galeries, le sol devient comme un roc sur lequel l’eau s’Ă©coule au lieu de s’y infiltrer. Cela a de nombreux effets pervers :

  • les nappes phrĂ©atiques ne se remplissent plus, et ce malgrĂ© la pluie
  • le sous-sol n’est plus irriguĂ©, ce qui oblige Ă  arroser les plantations en surface, or tout ce qui est en surface s’Ă©vapore plus vite, ce qui accentue encore davantage le problĂšme,
  • en ruisselant, l’eau crĂ©e des inondations beaucoup plus violentes que si elle pĂ©nĂ©trait en partie dans le sol et restait sur place, ce qui explique pourquoi nous sommes de plus en plus souvent inondĂ©s.

Il y a donc une vraie rĂ©flexion autour de la gestion de l’eau sur les systĂšmes agricoles que nous mettons en place. L’agriculture de conservation, par exemple, promue par Konrad Schreiber en France, a de nombreuses rĂ©ponses sur le sujet, c’est l’occasion d’ouvrir le dĂ©bat !

« la fin des Ă©vidences [
] la dĂ©mocratie, les droits de l’homme, si d’aucuns pensaient que c’Ă©tait la tĂ©lĂ©ologie* de l’ordre international »

(* ou comment utiliser un mot savant, en faisant une pause pleine de suffisance ensuite, sans comprendre le mot
 car la « tĂ©lĂ©ologie » est la science, l’Ă©tude des finalitĂ©s, ce qui n’est vraisemblablement pas du tout ce qu’il voulait dire ici)

Alors non, je peux rassurer M. Macron. Nous ne pensons pas que la norme Ă  l’Ă©chelle internationale est « la dĂ©mocratie » et « les droits de l’homme ». Bien sĂ»r, on peut penser Ă  certains pays africains oĂč la « dĂ©mocratie » est bien loin des prĂ©occupations quotidiennes de la population, mais Ă©videmment viennent immĂ©diatement Ă  l’esprit la CorĂ©e du Nord, la Chine ou la Russie, dont on nous rabat sans cesse les oreilles que ce sont des dictatures sanguinaires.

Mais non, cher Emmanuel, ce n’est pas du tout Ă  tous ces pays auxquels je pense lorsque le mot « dĂ©mocratie » ou l’expression « droits de l’homme » sortent de ta bouche. C’est Ă  la France. Ma France dĂ©chirĂ©e, les mains arrachĂ©es, les yeux crevĂ©s de ces gens qui voulaient simplement user de leur droit Ă  s’opposer au monarque jupitĂ©rien, qui n’a eu qu’une seule et unique rĂ©ponse : opprimer, par tous les moyens, quitte Ă  faire couler le sang. Est-ce cela, ta dĂ©mocratie ? Je pense aussi Ă  ces fameuses « Ă©lections » censĂ©es garantir la soit-disant « dĂ©mocratie », et qui se jouent avec des dĂ©s pipĂ©s. Non, Ă  part les naĂŻfs, personne ne croit encore ces mensonges de « dĂ©mocratie » et de « droits de l’homme ».

« la montée des régimes libéraux »

Alors, trĂšs franchement, je ne m’attendais pas Ă  ce lapsus. Car s’il y a bien une montĂ©e d’un rĂ©gime libĂ©ral Ă  marche forcĂ©e, si j’ose dire, c’est bien en France ! Et sous sa propre direction ! Magnifique ! Tout cela poursuivi par « le renforcement des rĂ©gimes autoritaires »  dont le sien fait partie.

« la fin d’une forme d’insouciance »

Ah, enfin, les politiciens vont en finir avec l’insouciance, celle de laisser mourir de faim ou de froid leurs compatriotes, par exemple. VoilĂ  qui est excellent ! Enfin, ils vont rĂ©ellement prendre le taureau par les cornes et faire bouger les lignes pour prendre les dĂ©cisions qui s’imposent pour protĂ©ger le peuple, ce qui est et a toujours Ă©tĂ© leur devoir le plus impĂ©rieux. Bien sĂ»r, en « dĂ©mocratie », lĂ  oĂč les « Ă©lus » Ɠuvrent pour le peuple. Bien sĂ»r.

« La guerre a repris il y a six mois en Europe »

La faute Ă  qui ? Qui n’a pas rĂ©ussi Ă  faire respecter les accords de Minsk ? Qui a toujours soutenu le pourtant si corrompu et menteur Zelensky et sa clique depuis toutes ces annĂ©es ? Qui a totalement laissĂ© pourrir la situation au Donbas au point oĂč il devenait Ă©vident que cela exploserait un jour ou l’autre ?

Peut-ĂȘtre aussi n’Ă©tait-ce pas vraiment une excellente idĂ©e de dire Ă  Poutine, quatre jour avant le dĂ©but de la guerre, « je ne sais pas oĂč ton juriste a appris le droit ». Sachant que Poutine a lui-mĂȘme fait des Ă©tudes de droit. En faisant semblant de jouer l’apaisement, notre Emmanuel national a au contraire montrĂ© qu’il n’y avait absolument aucun terrain d’entente, aucune nĂ©gociation possible. Au passage, Poutine lui a bien rappelĂ© que, pendant toutes ces annĂ©es, Macron n’a fait que brasser du vent, verbatim : « Je sais (que tu essaies de convaincre les Ukrainiens), mais ce n’est pas efficace ». Du vent. Un ventilateur gĂ©ant.

Cet homme ne sait que provoquer, il est bien possible qu’il ait d’ailleurs tellement exaspĂ©rĂ© l’ours qu’il ait prĂ©cipitĂ© les choses. Au passage, le vocabulaire russe s’est enrichi depuis quelques mois d’un nouveau verbe, « macronit’ », qui veut dire « blablater pendant des heures pour te jouer du pipeau ». TrĂšs reprĂ©sentatif.

On va me dire que, au contraire, Macron a tout fait pour Ă©viter la guerre, en tentant de maintenir le dialogue. Mais pour qu’un dialogue ait des effets positifs, il faut qu’il soit suivi d’actes. Un dialogue oĂč on tourne en rond et on pique l’adversaire sans arrĂȘt, tout en agissant Ă  l’inverse de ce qu’on prĂŽne, ne mĂšne qu’Ă  la frustration. Il s’est posĂ© en « nĂ©gociateur principal », et il faut se rendre Ă  l’Ă©vidence, depuis qu’il l’a fait, tout s’est prĂ©cipitĂ©.

« Pour beaucoup de gĂ©nĂ©rations dans notre pays, la guerre Ă©tait une rĂ©alitĂ© qui n’existait plus sur le sol europĂ©en »

Pourtant, nous avons eu la guerre des Balkans, il n’y a pas si longtemps. C’est beaucoup plus proche de la France que l’Ukraine. Au passage, si l’on parle de l’Europe gĂ©ographique, la TchĂ©tchĂ©nie en fait partie, et a Ă©tĂ© le thĂ©Ăątre de deux guerres sanglantes depuis moins de 30 ans.

Mais surtout, notre prĂ©sident ment lorsqu’il dit que la guerre est revenue en Europe depuis si longtemps que des gĂ©nĂ©rations ont oubliĂ© ce que c’Ă©tait. Il devrait peut-ĂȘtre en parler Ă  ces enfants nĂ©s depuis 2014 dans l’est ukrainien, qui n’ont connu que ça pendant toute leur vie : les bombardements, la dĂ©solation, l’abri sous-terrain qui est leur seule maison. Mais c’est loin, et tout le monde s’en fout. Depuis que la Russie est entrĂ©e officiellement dans la danse, bien sĂ»r cela donne une dimension nouvelle au conflit. Mais avant l’intervention russe, la guerre dans le Donbas avait dĂ©jĂ  fait 13.000 morts. 13.000 morts tus dans tous les mĂ©dias, comme s’ils n’avaient jamais existĂ©. Comme s’il n’y avait jamais eu de guerre lĂ -bas avant le 24 fĂ©vrier 2022.

Pour revenir Ă  la France, nous avons Ă©galement la guĂ©rilla dans certains coins de notre pays, qui n’est pas une guerre Ă  coups de chars, mais qui crĂ©e une insĂ©curitĂ© latente pour beaucoup de Français. Et 2005, oĂč des policiers se sont fait tirer dessus Ă  balles rĂ©elles, suivi de couvre-feux et Ă©tat d’urgence, n’est pas si lointain non plus, et encore dans les mĂ©moires de tous.

Quant aux attentats, que ce soit Ă  Nice en 2016 ou au Bataclan en 2015, mĂȘme s’ils ne laissent pas des traces aussi persistantes dans les esprits qu’une guerre, c’est un traumatisme psychologique pour une grande partie de la population, en particulier avec tout le battage mĂ©diatique qui accompagne ce genre d’Ă©vĂ©nements. Et bien sĂ»r, l’Ă©tat d’urgence, reconduit d’annĂ©e en annĂ©e sous divers prĂ©textes, est tout sauf le symptĂŽme d’un pays paisible et harmonieux.

Alors, la guerre pour un EuropĂ©en, c’est autre chose que pĂ©pĂ© qui raconte ses aventures dans le maquis en 1944. Et au final, la guerre en Ukraine ne nous touche physiquement pas plus qu’une bombe au Yemen, un missile en Palestine ou en IsraĂ«l, ou qu’une incursion de Boko Haram faisant 100 morts au Nigeria. C’est loin. À des milliers de kilomĂštres. Comme dirait l’autre, ça nous en touche une sans faire bouger l’autre. La guerre en Ukraine nous touche mĂȘme moins qu’un vol Ă  main armĂ©e dans l’Ă©picerie au coin de la rue – ou l’incursion de cambrioleurs dans son logement, il y a plusieurs centaines de milliers de cambriolages en France chaque annĂ©e !

L’insouciance, elle n’est pas vraiment lĂ , Manu.

« La crise climatique »

Ah, oui, il ne fallait pas l’oublier, celle-la. Nous allons donc enfin appeler les industriels Ă  arrĂȘter leurs pollutions, puisque ce sont eux les plus pollueurs ? Relocaliser nos productions pour Ă©viter d’avoir recours Ă  des monstres marins qui polluent plus que toutes nos voitures rĂ©unies ? Taxer enfin le kĂ©rozĂšne, responsable de beaucoup plus de pollution que le vĂ©lomoteur de papy ?

« Face à cela, je pense que nous avons quelques devoirs »

Ses devoirs, il les conçoit pour « rĂ©duire l’anxiĂ©tĂ© » de ses compatriotes. Mais Capitaine, on n’en veut plus de ton vent ! On veut des actes, il y a plein de solutions, que certains mettent d’ailleurs courageusement en Ɠuvre de leur cĂŽtĂ© sans t’attendre. Mais pour que ces solutions aient un rĂ©el impact, il faut une impulsion forte qui touche le plus grand nombre.

Pour cela, il faudrait dĂ©jĂ  rĂ©soudre la plus grosse cause de pollution et de destruction : la crĂ©ation monĂ©taire par les banques privĂ©es. Car comme cette crĂ©ation monĂ©taire s’accompagne d’une exigence de rentabilitĂ© qui met en concurrence tous les acteurs de l’Ă©conomie, c’est Ă  cause d’elle que :

  • la guerre est financĂ©e sans compter, car on ne peut se permettre d’ĂȘtre en retard par rapport Ă  l’ennemi, et c’est l’État qui rĂ©gale donc aucune limite ne saurait le brider,
  • le pillage des ressources accĂ©lĂšre, car il n’y a rien de plus lucratif que de creuser le sol et y extraire or, diamant, palladium, 
 et eau !
  • tout ce qui saccage l’environnement est privilĂ©giĂ©, au dĂ©triment de tout ce qui pourrait le prĂ©server, car il est beaucoup plus rentable de jeter des dĂ©chets toxiques dans la riviĂšre d’Ă  cĂŽtĂ© que de les traiter pour s’en dĂ©barrasser de maniĂšre propre,
  • nous dĂ©truisons nos sols, car il vaut mieux rendre les paysans dĂ©pendants d’engrais, de semences infertiles, et de pesticides, pour les traire comme des vaches Ă  lait, plutĂŽt que de les laisser se dĂ©brouiller avec MĂšre Nature, qui elle ne rapporte pas grand-chose lorsqu’elle fait pousser toute seule l’abondance.

Et Ă  l’inverse, c’est cette mĂȘme crĂ©ation monĂ©taire assortie de rendements qui bride tout ce qui pourrait ĂȘtre bĂ©nĂ©fique pour les 99,999 % de la population humaine :

  • l’Ă©ducation, et je parle bien d’un systĂšme Ă©ducatif oĂč l’on apprend Ă  penser et raisonner par soi-mĂȘme, en remettant tout en question sans avoir peur des vĂ©ritĂ©s qui fĂąchent, car il ne faudrait tout de mĂȘme pas que Monsieur Tout-Le-Monde comprenne comment fonctionne le systĂšme, il y aurait une rĂ©volution immĂ©diatement !
  • la santĂ©, devenue comme tout le reste un outil Ă  traire les vaches Ă  lait et oĂč la maladie qu’il faut traiter est bien plus lucrative que la santĂ©, surtout si elle est chronique !
  • la nourriture, car un corps rempli de sucre, de pesticides, de micro-plastiques et autres colorants et conservateurs cancĂ©rigĂšnes est beaucoup plus susceptible de tomber dans la case « malade » – voir point prĂ©cĂ©dent -, et il est beaucoup plus facile de rendre accro au sucre et autres aspartame qu’au brocolis,
  • tout service public, Ă  l’instar des autoroutes, ou bien plus rĂ©cemment d’EDF, doit ĂȘtre dĂ©mantelĂ© sur l’autel de la libĂ©ralisation lorsqu’il fonctionne bien pour ĂȘtre trait, et ĂȘtre ensuite renationalisĂ© pour le renflouer avec l’argent du contribuable lorsqu’on l’a bien sucĂ© jusqu’Ă  la moelle,
  • les « vieux », dont il faut extraire le plus de jus possible avant de les laisser mourir.

Oui, la cause profonde de tous ces problĂšmes, c’est la crĂ©ation monĂ©taire par les banques privĂ©es, qui choisissent de financer ce qui est le plus rentable pour elles. Sans compter, Ă©videmment, le fait que les intĂ©rĂȘts qui doivent ĂȘtre rembourser en plus du crĂ©dit sont Ă  l’origine du besoin de « croissance », le Graal de tout Ă©conomiste.

Alors, cher Emmanuel, toi qui sembles prendre Ă  cƓur le bien-ĂȘtre de tes compatriotes, tu sais ce qui te reste Ă  faire !

En rĂ©alité 

Mais non, en rĂ©alitĂ©, tout cela ne provient que de l’imagination dĂ©bridĂ©e d’un Ă©crivain en mal de justice.

Ce qui nous sera proposé sera tout autre :

  • serrez-vous la ceinture sans broncher, bande de fainĂ©ants,
  • quant aux boomers qui ont bĂ©nĂ©ficiĂ© des trente glorieuses, on va leur diminuer leur pension, ils l’ont bien mĂ©ritĂ© !
  • l’inflation, prenez-lĂ  dans les dents avec sagesse, ne venez pas me demander si la Banque Centrale EuropĂ©enne y est pour quelque chose avec ses politiques de crĂ©ation monĂ©taire dĂ©bridĂ©es : c’est la faute Ă  Poutine de toute façon, ce dictateur sanguinaire !
  • chauffez-vous moins, et Ă©teignez votre wifi, bande de sales gamins gaspilleurs,
  • arrĂȘtez de partir en vacances, vous ferez des Ă©conomies et en plus vous polluerez moins – certains ne t’ont pas attendu pour trouver l’astuce, hein !
  • il serait temps d’arrĂȘter d’acheter le nouvel iphone avec l’aide de l’État pour les fournitures scolaires de vos enfants, bande d’irresponsables,
  • de toute façon vous n’ĂȘtes pas capables de gĂ©rer votre argent, nous allons donc saisir tout ce qui dĂ©passe sur vos comptes en banque, et on va mettre en place un revenu universel pour que vous fermiez votre grand clapet et que vous soyez Ă  jamais dĂ©pendants de l’État, sales Gaulois ; le premier qui l’ouvre je lui coupe le robinet monĂ©taire, hop !
  • vous avez une coupure d’Ă©lectricitĂ©, c’est la faute Ă  Poutine ! Pensez quand mĂȘme aux Ukrainiens qui vivent sous les bombes (russes bien sĂ»r, les Ukrainiens n’envoient que des glaces au chocolat), et si vous avez trop froid vous savez ce que c’est une couverture bande d’ignares ?
  • vous allez changer de voiture, la vĂŽtre est un danger public pour l’environnement, pour la planĂšte, pensez Ă  vos enfants, on doit vous interdire de rouler avec, pollueurs, terroristes du climat ! À la place, prenez une Ă©lectrique, mĂȘme si on n’arrive ni Ă  les produire assez vite, ni Ă  fournir les bornes de recharge sans compter qu’on n’a plus assez de courant de toute façon
 au pire achetez un vĂ©lo, vous rendrez service Ă  tout le monde ! Et pas un vĂ©lo Ă©lectrique, hein ! PĂ©dalez, bande de flemmards ! Vous pensez un peu aux pauvres enfants qui extraient le cobalt pour les batteries, hein, vous y pensez aux enfants ? Bon, moi je vais retourner dans mon avion avec la clim, y fait trop chaud. Et non, les clims on va les taxer un max car c’est dangereux pour l’environnement !
  • de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, moins vous possĂ©dez, plus vous serez heureux alors on va tout vous saisir car il faut bien renflouer les caisses de l’État avec cette dette colossale dont vous avez bĂ©nĂ©ficiĂ© pendant toutes ces dĂ©cennies, bande de profiteurs, hop plus de maison, patrimoine, sauf pour les copains, bien sĂ»r, qui continueront de toucher leurs milliards en dividendes.

Dans l’absolu, la plupart des courants philosophiques font l’Ă©loge de la sobriĂ©tĂ© heureuse, et il est tout-Ă -fait bĂ©nĂ©fique que chacun d’entre-nous apprenne Ă  se contenter de moins. Mais dans ce cas, il faudrait en faire une prioritĂ© nationale et l’appliquer Ă  tous. Car nous allons clairement avoir besoin de monnaie pour faire la transition Ă©cologique et la rĂ©industrialisation de la France.

Mais tout ce que savent faire les politiques, c’est culpabiliser la population. Les uns doivent se serrer la ceinture pendant que les autres vont faire du golf en jet privĂ©. Ou bien s’offrent de la vaisselle digne de Marie-Antoinette.

Attention, Emmanuel. Lorsque les efforts Ă©normes des uns sont totalement annihilĂ©s par les extravagances des autres, les tĂȘtes tombent.

Macron battu au premier tour de l’Ă©lection prĂ©sidentielle 2022

La réalité

Tous les médias caracolent : « Macron premier avec 27 % des voix. »

Mais il n’en est rien. Tout comme en 2017, Macron a Ă©tĂ© battu Ă  plate couture par
 l’abstention. Voici la rĂ©alitĂ© des chiffres qu’aucun mĂ©dia ne prĂ©sente :

L’abstention, Ă  laquelle j’ai ajoutĂ© les votes blancs et nuls. Ceux-ci ne sont pas non plus comptabilisĂ©s par les mĂ©dias, ils reprĂ©sentent environ 2 %.

C’est lĂ  que l’on voit toute l’aberration du systĂšme Ă©lectoral français. Quelle que soit l’issue du deuxiĂšme tour, le prĂ©sident en exercice bĂ©nĂ©ficiera du soutien d’Ă  peine un cinquiĂšme de la population. Par ailleurs, le troisiĂšme candidat, d’un poids semblable aux deux autres n’a plus qu’à
 se taire, comme ses Ă©lecteurs.

Certains pointent du doigt les abstentionnistes : ce sont de mauvais citoyens, la racine du mal Ă  cause desquels Macron risque d’ĂȘtre rĂ©Ă©lu. L’abstention, tout comme le vote blanc ou nul, est pour certains tout simplement la manifestation d’une rĂ©sistance. Tout comme le fait de ne pas s’inscrire sur les listes Ă©lectorales peut ĂȘtre un acte politique. C’est un refus de participer Ă  la mascarade du systĂšme.

Il existe pourtant des alternatives simples Ă  ce systĂšme aberrant. L’une d’entre-elles s’appelle le « jugement majoritaire ».

Le jugement majoritaire

L’Institut Rousseau a rĂ©cemment conduit une Ă©tude sur le jugement majoritaire :

Et si les élections présidentielles se jouaient au jugement majoritaire ?

Tout d’abord, le premier constat est qu’une large portion des personnes interrogĂ©es sont favorables Ă  l’instauration du jugement majoritaire :

Proportion de personnes interrogĂ©es en faveur ou non de l’instauration du jugement majoritaire.

Des résultats surprenants

Mais en allant plus loin, les résultats du sondage peuvent surprendre : Macron est deuxiÚme, derriÚre
 Valérie Pécresse.

Sondage prĂ©disant les rĂ©sultats de l’Ă©lection prĂ©sidentielle si celle-ci Ă©tait votĂ©e au jugement majoritaire.
Source : Institut Rousseau

Ne nous voilons pas la face : ces deux candidats feront exactement la mĂȘme politique. Alors, au vu de ce rĂ©sultat, on peut clairement se demander : est-ce que ça vaut vraiment la peine de changer de type de scrutin pour Ă©lire Françoise Ă  la place de François ?

Un garde-fou nécessaire

On peut avoir une autre lecture de ce rĂ©sultat. En effet, dans le scrutin actuel, il y a bien une clause qui impose la majoritĂ© absolue pour qu’un prĂ©sident soit Ă©lu. C’est une mesure d’apparat puisqu’au deuxiĂšme tour il n’y a que deux candidats, et seuls sont comptĂ©s les votes pour l’un ou l’autre.

Dans le cas du jugement majoritaire, on pourrait parfaitement envisager une rĂšgle stipulant que le candidat choisi obtienne au moins une mention « assez bien » pour ĂȘtre Ă©lu. En effet, dans le sondage de l’Institut Rousseau, PĂ©cresse est celle qui rassemble le plus de suffrages, mais avec une mention
 « passable ». Par ailleurs, le sondage a eu lieu en dĂ©cembre 2021, il y a fort Ă  parier que les rĂ©sultats ne seraient pas les mĂȘmes mi avril 2022, vu la campagne dĂ©plorable de cette candidate.

En mettant en place ce garde-fou, seul un candidat ayant au moins un support populaire dĂ©cent pourrait ĂȘtre Ă©lu. Si personne ne fait l’affaire au premier tour, alors tous les candidats sont Ă©cartĂ©s et la campagne repart avec de nouveaux candidats.

Évidemment, on peut craindre que personne ne puisse contenter globalement les Français. Mais qu’est-ce qui est prĂ©fĂ©rable : choisir au petit bonheur la chance un candidat qui ne satisfait pas grand-monde, comme c’est actuellement le cas, ou bien tenter de faire mieux ?

Le systĂšme des partis

En rĂ©alitĂ©, tout cela provient en premier lieu du systĂšme des partis qui implique d’ĂȘtre d’accord sur tout ce que prĂ©sente le parti.

Écoutons un personnage de mon roman, « Le PrĂ©sident Providentiel » :

« La meilleure preuve, c’est que les Verts soient un parti. L’Ă©cologie devrait ĂȘtre au cƓur du dĂ©bat de tous les partis. On cloisonne totalement les idĂ©es au sein d’un parti. Au lieu de proposer les idĂ©es Ă  la carte, on propose un menu 100 % poisson ou bien un menu 100 % viande. Si vous voulez du poisson en entrĂ©e mais de la viande en plat principal, c’est impossible. Ou bien on vous prĂ©sente un menu vĂ©gĂ©tarien dans lequel la seule boisson comprise est une bouteille de vin. Si vous voulez du jus de fruit, vous n’avez pas le choix, ça sera une bouteille de vin. Et on vous oblige Ă  la boire ! PrĂ©sentĂ© comme ça, ça semble totalement absurde, c’est pourtant ce que font les partis politiques avec les idĂ©es. Jusqu’au point oĂč si vous ĂȘtes Ă©cologiste alors vous devez forcĂ©ment ĂȘtre d’accord sur tout le reste, ce qui est totalement farfelu. Vous avez des Ă©cologistes qui sont Ă  droite, d’autres Ă  gauche, certains sont pour l’immigration et d’autres contre, certains sont pro-europĂ©ens et d’autres anti-europĂ©ens, etc. Ben oui, les idĂ©es c’est pas au menu, c’est Ă  la carte ! »

Il s’agirait donc de voter non pas pour un menu, mais pour chaque idĂ©e, Ă  la carte. C’est parfaitement atteignable, avec le RIC, plĂ©biscitĂ© par plus de 70 % des Français. Ça a une autre dimension que des candidats qui peinent Ă  rĂ©colter 20 % !

Une image vaut mille mots :

 

C’est quand mĂȘme autre chose, non ?

Conclusion

Les modalitĂ©s de l’Ă©lection prĂ©sidentielle permettent de nombreuses manipulations pour Ă©lire un candidat voulu. Pire encore, elles sont des outils formidables pour engendrer de la frustration et diviser le peuple. « Votez utile, sinon vous ĂȘtes des traĂźtres ! » Le spectacle des « consignes de vote » au deuxiĂšme tour est tellement loufoque qu’il vaut mieux en rire.

Mais Ă  chaque fois que nous nous retournons contre nos pairs au lieu de tous tourner un doigt accusateur vers nos bourreaux communs, nous devrions nous poser la question :

Pourquoi ?

Comment en sommes-nous arrivĂ©s lĂ  ? Au lieu de se battre les uns contre les autres autour d’un problĂšme dont les seules issues qui nous sont prĂ©sentĂ©es ne sont pas des solutions, nous devrions prendre du recul. Sortir du cadre. Le cadre, c’est Ă  nous de le dĂ©finir.

En rĂ©alitĂ©, ces piĂšges ne sont que des techniques de base, le B.A. BA du manipulateur. En psychologie, cela s’appelle une injonction contradictoire, ou double bind en anglais. Il s’agit de prĂ©senter un problĂšme et de n’offrir comme « solutions » que des portes de sortie perdantes. Ici, l’Ă©lecteur est sans cesse tiraillĂ© entre voter contre sa conscience pour ĂȘtre un « bon citoyen » et suivre sa conscience – quitte Ă  ne pas aller voter – mais devenir un « mauvais citoyen ».

Tout psychologue sait que le seul moyen pour sortir de ces situations sans issue est de ne pas accepter les fausses solutions qui nous sont offertes. Il suffit de s’extraire du moule qu’on veut nous imposer.

J’invite le lecteur Ă  lire cet article pour aller un peu plus en profondeur sur cette Ă©lection et sur le systĂšme de l’Ă©lection prĂ©sidentielle française.

Le scandale des temps de parole

L’Arcom, anciennement CSA, est en charge de surveiller les temps de parole des candidats dans les mĂ©dias avant une Ă©lection.

Mais
 pourquoi donc surveiller les temps de parole ? AprĂšs tout, c’est Ă  chaque citoyen de voter en son Ăąme et conscience pour le candidat qui lui plaĂźt le plus.

Non ?

Les temps de parole décident du candidat élu

L’excellent blog « Notre Époque » a fait un excellent travail de recherches (y compris bibliographique) sur le sujet. Malheureusement, ce blog a disparu. J’ai donc reproduit les articles de l’Ă©poque sur mon propre blog Ă  des fins d’archives :

Les conclusions sont sans appel : le pourcentage de temps de parole dans les mĂ©dias permet d’avoir un pourcentage de votes Ă©quivalent lors de l’Ă©lection. C’est une relation directe, immuable, mathĂ©matique.

Ni plus, ni moins.

Il y a des Ă©tudes Ă©parpillĂ©es Ă  l’Ă©tranger, car c’est un sujet assez peu Ă©tudiĂ©, qui arrivent aux mĂȘmes conclusions. Certaines vont mĂȘme d’ailleurs plus loin : le contenu positif ou nĂ©gatif pour un candidat n’a que peu d’importance. C’est principalement le temps d’exposition dans les mĂ©dias qui est dĂ©cisif. Peu importe qu’on dise du mal ou du bien de ce candidat, c’est le fait d’en parler qui est crucial.

Ce n’est pas pour rien



 que le CSA est censé veiller.

L’un des rĂŽles de cet organisme est de veiller Ă  « la pluralitĂ© » en terme de temps de parole politique en pĂ©riode Ă©lectorale. S’il Ă©tait dĂ©montrĂ© qu’il n’y a aucun lien entre temps de parole et rĂ©sultats des votes, il y a fort Ă  parier que ce rĂŽle n’existerait tout simplement pas.

Ainsi donc, le CSA veille.

Mais comme tant de ces « API » (AutoritĂ© Publique IndĂ©pendante) et autres « Hautes AutoritĂ©s » aux rĂŽles pourtant cruciaux pour le bon fonctionnement de la RĂ©publique, cet organisme n’a aucun pouvoir.

Il peut s’Ă©poumoner autant qu’il veut, publier les chiffres qu’il veut. Aucun problĂšme. Parfois, il va mĂȘme jusqu’Ă  Ă©mettre des « mises en garde ».

Il est purement et simplement ignoré.

Il n’est qu’une entitĂ© fantĂŽme qui ne sert qu’Ă  agiter l’Ă©pouvantail : « Pas d’inquiĂ©tude de ce cĂŽtĂ©-lĂ , on a le CSA qui veille ».

Une loi infĂąme pour Ă©liminer les petits

En avril 2016 est votĂ©e une loi scandaleuse sur les temps de parole. Adieu l’Ă©galitĂ© absolue ! Les temps de parole seront maintenant proportionnels Ă  la « reprĂ©sentativitĂ© » des candidats. Cette loi aux dĂ©finitions floues et subjectives est un nouveau clou enfoncĂ© dans le dos des « petits candidats ». Ils sont petits, qu’ils le restent !

On peut effectivement se dire que, si un clown se prĂ©sente comme candidat, il paraĂźt logique de ne pas trop lui donner la parole pour Ă©viter aux gens de perdre leur temps. Le problĂšme de la loi en question est : qui dĂ©cide ? Les « petits candidats » n’ont-ils rĂ©ellement tous « rien Ă  dire » ? Qui juge qu’ils sont « petits » ?

Quelques précisions

La loi prĂ©cise trois maniĂšres de « calibrer » l’importance des candidats :

  • en fonction des rĂ©sultats obtenus aux plus rĂ©centes Ă©lections par les candidats ou par les partis et groupements politiques qui les soutiennent,
  • en fonction des sondages d’opinion,
  • la contribution de chaque candidat Ă  l’animation du dĂ©bat Ă©lectoral.

Le premier point est totalement hors sol. C’est un peu comme si les opinions des peuples ne changeaient jamais, comme si l’environnement ne se transformait pas, comme si aussi les formations politiques ne variaient jamais leurs discours. Comme si la politique Ă©tait quelque chose de statique. Quel intĂ©rĂȘt Ă  Ă©lire de nouvelles tĂȘtes, dans ce cas ? La loi est clairement faite pour que rien ne change.

Quant au deuxiĂšme point, les « sondages d’opinion » sont financĂ©s par les mĂȘmes qui financent les mĂ©dias. Ils ont donc exactement les mĂȘmes conflits d’intĂ©rĂȘts et mettent donc en avant exactement les mĂȘmes candidats. Qui contrĂŽle le bon fonctionnement de ces sondages ? Ah oui, une autre coquille vide, la « commission des sondages ».

Heureusement que le ridicule ne tue pas, car le dernier point est évidemment une mesure qui se mort la queue. Un candidat ne peut contribuer au débat que si on le laisse parler en premier lieu


Le test du terrain

Prenons un exemple précis pour juger de la pertinence de cette loi.

Le candidat ayant le plus de temps de parole cumulĂ© en janvier 2022 est de trĂšs loin
 Éric Zemmour.

Or, il n’a jamais Ă©tĂ© candidat, n’est pas dans un parti. Par ailleurs, il est crĂ©ditĂ© tout au plus de 15 % des votes.

À l’autre extrĂ©mitĂ© du spectre, tout en bas du graphique, une candidate, Clara Egger, a eu droit Ă  0 secondes de temps de parole dans les principaux mĂ©dias. Pourtant, le programme de cette candidate est axĂ© sur une mesure soutenue par une grande majoritĂ© de Français. En effet, elle soutient le RIC. Un sondage Ifop montre que 73 % des Français y sont favorables.

On a donc d’un cĂŽtĂ© un candidat qui se rĂ©pĂšte en boucle sur tous les plateaux tĂ©lĂ© alors qu’il attire moins d’un Français sur 5, et de l’autre cĂŽtĂ© une candidate soutenant une mesure plĂ©biscitĂ©e par les 3/4 des Français qui n’a pas eu le droit Ă  une seule seconde de temps de parole.

Un véritable scandale


Loin du discours officiel et lissĂ©, les temps de parole sont donc choisis par les mĂ©dias. Évidemment, les discours les plus clivants sont retenus en prioritĂ©, tandis que les idĂ©es qui pourraient rassembler le peuple sont recalĂ©es.

Cela a un impact majeur sur le fonctionnement de la RĂ©publique et de la reprĂ©sentativitĂ© des Ă©lus. En effet, comme l’indique trĂšs justement le blog que j’ai reproduit plus haut, la conclusion qui en dĂ©coule est que :

Le candidat vainqueur de l’Ă©lection n’est pas le candidat privilĂ©giĂ© des Français, mais celui des mĂ©dias.

Ainsi, les quelques milliardaires qui se partagent le contrĂŽle des mĂ©dias sont en rĂ©alitĂ© ceux qui Ă©lisent le futur candidat. Pas vous, cher lecteur, navrĂ© de vous dĂ©livrer peut-ĂȘtre un petit Ă©lectro-choc.

Dans mon roman « Le PrĂ©sident Providentiel », c’est un candidat totalement inconnu du peuple qui se prĂ©sente. PlĂ©biscitĂ© par les mĂ©dias, le rĂ©sultat n’est pas surprenant.

Un petit outil Ă  disposition

Les fichiers du CSA Ă©tant assez indigestes pour le citoyen lambda, je mets Ă  disposition un petit outil pour visualiser les temps de parole des candidats. Il s’agit de graphes qui permettent de voir d’un seul coup d’Ɠil le gouffre qui sĂ©pare les « baleines » des « sauterelles », pour reprendre l’analogie du blog « Notre Époque ».

Pour y accĂ©der, cliquer sur l’image ci-dessous :

On va me dire qu’il y a bien paritĂ© pour les 4 ou 5 premiers candidats. Mais il faut se rendre Ă  l’Ă©vidence, tous sont extrĂȘmement clivants. Par ailleurs, ils se ressemblent tous sur les sujets les plus essentiels :

  • crĂ©ation monĂ©taire,
  • Ă©vasion fiscale,
  • rĂ©partition des richesses,
  • corruption,
  • souverainetĂ© nationale,
  • impuissance du peuple.

OĂč sont les rares candidats qui pourraient changer quelque chose Ă  ces points essentiels ? Ils obtiennent littĂ©ralement mille fois moins de temps de parole que les autres. Autant dire que, pour qu’ils soient Ă©lus, il faudrait un miracle, une licorne statistique, de ce genre :

VisualisĂ© ainsi, c’est dĂ©jĂ  beaucoup plus clair.

Conclusion

La fameuse « paritĂ© des temps de parole » est une vaste farce. Il n’y a strictement aucune paritĂ©, tout le temps de parole est donnĂ© aux futurs vainqueurs Ă©lus par les mĂ©dias.

OĂč sont donc les « autoritĂ©s » censĂ©es s’assurer du « bon fonctionnement » de la RĂ©publique ? Mais que fait la police ? Comment croire encore Ă  la « dĂ©mocratie » pourtant dans toutes les bouches ?

Archive Web – Notre Époque – Élections et temps de parole – Partie 4

Le blog d’origine ayant malheureusement disparu, je reproduis ici le post d’origine. Il est normalement encore disponible sur l’archive de l’internet.

Médias et élections (4) : Internet et temps de parole médiatique

 

Archive Web – Notre Époque – Élections et temps de parole – Partie 3

Le blog d’origine ayant malheureusement disparu, je reproduis ici le post d’origine. Il est normalement encore disponible sur l’archive de l’internet.

L’effrayante corrĂ©lation entre temps de parole et rĂ©sultats des Ă©lections (3) : les mĂ©canismes

 

Archive Web – Notre Époque – Élections et temps de parole – Partie 2

Le blog d’origine ayant malheureusement disparu, je reproduis ici le post d’origine. Il est normalement encore disponible sur l’archive de l’internet.

L’effrayante corrĂ©lation entre temps de parole et rĂ©sultats aux Ă©lections (2) : la confusion des experts

 

Archive Web – Notre Époque – Élections et temps de parole – Partie 1

Le blog d’origine ayant malheureusement disparu, je reproduis ici le post d’origine. Il est normalement encore disponible sur l’archive de l’internet.

L’effrayante corrĂ©lation entre temps de parole et rĂ©sultats aux Ă©lections (1)

 

Petit message aux gilets jaunes

La mobilisation, c’est excellent. Toute personne un peu saine d’esprit aura dĂ©jĂ  compris que les gilets jaunes n’ont pas la hausse du carburant pour seule ni mĂȘme principale revendication. C’est un raz-le-bol gĂ©nĂ©ral de ne pas pouvoir boucler les fins de mois pendant que d’autres se gavent en haut. Ce sont les comparaisons et les inĂ©galitĂ©s criantes qui provoquent la frustration et la colĂšre.

On n’obtient rĂ©ellement quelque chose qu’en mettant des revendications claires sur la table. Beaucoup de gens savent qu’ils ne sont pas contents, mais ils ne savent pas exactement identifier le problĂšme, en fait ils ont tellement de problĂšmes devant leurs yeux qu’ils ne savent plus oĂč donner de la tĂȘte : les taxes et prĂ©lĂšvements atteignent des records alors que les salaires ne bougent pas ; le chĂŽmage et la prĂ©caritĂ© de l’emploi terrifie tout le monde ; la justice ne fonctionne pas ; l’insĂ©curitĂ© et la violence y compris policiĂšre est partout ; l’État est surendettĂ© et on se sait pas oĂč cela va nous conduire ; l’État ne protĂšge que les multinationales au dĂ©triment de la santĂ© et de l’environnement et punit tous les lanceurs d’alertes ; l’Ă©ducation, les hĂŽpitaux, les transports, tous les services publics sont exsangues ; la liste est bien trop longue pour continuer ici
 il y a de quoi en perdre la boule. Une bonne partie est recensĂ©e dans mon roman « Le PrĂ©sident Providentiel ».

Malheureusement, faire la rĂ©volution sans but bien dĂ©fini ne conduit toujours qu’Ă  la rĂ©cupĂ©ration du mouvement par les Ă©lites. Rappelons-nous 1789 en France et 1917 en Russie.

J’entends Ă  droite et Ă  gauche « Macron, DĂ©mission » ou encore ceux qui appellent tout le gouvernement Ă  dĂ©missionner. Mais qui vont-ils mettre Ă  la place ? Sarko ? Hollande ? SĂ©golĂšne ? JuppĂ© ? CopĂ© ? Bayrou ? La vraie rĂ©ponse est que le ou la suivante, quel qu’il soit, fera Ă  nouveau la mĂȘme politique. À vrai dire, il n’aura pas bien le choix vu que la France a perdu sa souverainetĂ© (comme on le voit aujourd’hui avec l’Europe qui fait plier l’Italie et comme je le rappelle dans mon roman). Seul Asselineau propose de sortir de l’Union EuropĂ©enne, ce qui devrait nous redonner un peu de mou pour quelques temps. Mais c’est reculer pour mieux sauter. Quoi aprĂšs lui ? Des Ă©lus, comme toujours, qui tireront la couverture Ă  eux, lentement, irrĂ©sistiblement, pour qu’on en revienne Ă  nouveau au mĂȘme point. Et ce depuis plus de 200 ans. Multiples soulĂšvements populaires au XVIIIĂšme siĂšcle, puis 1936, 1968. À chaque fois, le systĂšme retourne ensuite dans son Ă©tat primaire qui est de servir l’aristocratie et non le peuple. Chassez le naturel, il revient au galop.

Du coup, un petit rappel s’impose. L’Ă©lection est un systĂšme aristocratique, dans lequel les Ă©lites gouvernent toujours, le peuple n’ayant au quotidien aucun moyen de faire entendre sa voix. Nous en avons 200 ans de preuves, et d’autres dans chaque recoin de notre planĂšte avec ses beaux ersatz de « dĂ©mocraties ». Les Ă©lections de reprĂ©sentants sont toujours biaisĂ©es, puis qu’il est toujours simple d’acheter des voix. Et une fois Ă©lu, le nouveau roi fait bien ce qui lui chante.

La question qui se pose est donc : se rebiffer jusqu’Ă  en mourir comme cette pauvre dame Ă©crasĂ©e sous une voiture le samedi 17, d’accord, mais pour quoi ?

Changer de monnaie pourrait ĂȘtre une revendication valable mais on peut dĂ©jĂ  le faire Ă  titre individuel par la monnaie libre et la Ğ1. N’attendons rien du gouvernement de ce cĂŽtĂ©-lĂ .

Il reste tout de mĂȘme une cause essentielle au niveau de l’État, qui supplante toutes les autres : la Constitution. Par le simple fait que les Ă©lus l’Ă©crivent, ils nous rendent impuissants. Ils se votent leurs propres augmentations, en augmentant simultanĂ©ment les taxes du peuple, tout en autorisant la fuite toujours plus grande des capitaux Ă  l’Ă©tranger (80 milliards d’euros par an il y a quelques annĂ©es, en 2017 c’Ă©tait 100 milliards). C’est mĂ©canique. Ils ont le pouvoir. Ils vivent pour le pouvoir. Et ils feront tout pour le garder. On doit le leur reprendre. Et ce n’est pas une utopie, c’est tout-Ă -fait possible. Il suffit de porter clairement la revendication haut et fort.

C’est donc en allant protester devant les bĂątiments des institutions Ă  grand bruit que l’on peut revendiquer quelque chose au niveau des institutions. Certainement pas en se mettant Ă  dos les automobilistes qui tentent de passer.

RĂ©Ă©crire la Constitution, c’Ă©tait la principale revendication des Islandais pendant la rĂ©volution des casseroles. Ils ont effectivement fait Ă©crire une nouvelle constitution par des citoyens, mais le projet a Ă©tĂ© bloquĂ© ensuite par le Parlement une fois la pression populaire retombĂ©e. Ne jamais baisser la garde.

Il faudra donc s’assurer que le projet est menĂ© Ă  terme. Mais pour commencer, il s’agit de l’initier en rassemblant tout le monde derriĂšre une mĂȘme idĂ©e : faire rĂ©Ă©crire la Constitution par le peuple. Ce n’est qu’Ă  cette condition qu’on pourra rĂ©ellement sortir enfin du bourbier. Toutes les autres revendications sont annexes, temporaires, contre-productives Ă  long terme.

J’ai Ă©crit « Le PrĂ©sident Providentiel » pour montrer Ă  quel point le systĂšme est impossible Ă  rĂ©former sans mettre un coup de pied dans la fourmiliĂšre, et surtout pour que le lecteur prenne conscience des problĂšmes gĂ©nĂ©rĂ©s par le systĂšme tout en proposant des Ă©bauches de solutions, qui existent en grand nombre mais se sont pas toujours des recettes miracles. Et aussi pour rappeler que chacun de nos gestes quotidiens pĂšse dans la balance.